18 décembre 2006
Ces "sauvageons"
Les questions de la délinquance des jeunes prennent de nos jours beaucoup d'acuité. Nos hommes politiques commencent à prendre la mesure des problèmes qui se posent. Le viol de cette petite fille de treize ans par des adolescents qui sont à peine plus âgés qu'elle, viol qui de plus a été filmé, nous a émus et nous incite à essayer de savoir quelles en sont les causes et comment surtout on pourrait y remédier. En y pensant, j'ai trouvé, au hasard de mes lectures un passage des Essais de Montaigne, qui évoque fortement ce qu'il en est de la responsabilité des parents. Voici ce qu'il en écrivait:
« Je trouve que nos plus grands vices prennent leur ply de nostre plus tendre enfance, et que notre principal gouvernement est entre les mains des nourrices. C’est passe-temps aux mères de veoir un enfant tordre le col à un poulet et s’esbattre à blesser un chien ou un chat ; et tel père est si sot de prendre à bon augure d’une âme martiale, quand il voit son fils gourmer injurieusement un païsant ou un laquay qui ne se défend point, et à gentillesse, quand il le void affiner son compagnon par quelque malicieuse desloyauté et tromperie. Ce sont pourtant les vraies semences et racines de la cruauté, de la tyrannie, de la trahison ; elles se germent là, et s’elesvent après gaillardement, et profitent à force entre les mains de la coustume. Et est une très dangereuse institution d’excuser ces villaines inclinations par la foiblesse de l’aage et legerieté du subject. Premièrement, c’est nature qui parle, de qui la voix est lors plus pure et plus forte qu’elle est plus grêle. »
Quand on pense à ce triste fait divers, on ne peut en effet s’empêcher de prendre en pitié, cette petite fille, mais presque autant ces jeunes adolescents qui vont payer si lourdement cette agression. « Des sauvageons », ce mot un temps avait fait fortune, il était bien choisi car on désignait ainsi primitivement des arbres qui avaient poussé tout seuls, qui n’avaient pas été cultivés par les soins amoureux d’un jardinier.
Ces enfants abandonnés à eux-mêmes, ni élevés, ni éduqués, sont effectivement des « sauvageons » . Ils n'ont pas été introduits au monde de la culture, ce qui fait qu’il est bien difficile dès lors, de les rendre entièrement responsables de ce qu’ils sont devenus.
Que pourrait-on faire d’eux, en tenons compte de ce fait ?
Il faudrait pouvoir leur donner une chance, la chance qu’ils n’ont pas eu.
Commentaires
Dommage
intéressant ce blog, parfois un peu long sur certains textes: il faut avoir du temps! c'est terrible en effet ces petits sauvageons ! on en rencontre beaucoup de nos jours de ces enfants élévés par la télé ou les jeux vidéos qui ne reçoivent que peu d'attention et d'éducation et peu de limites. Ils sont alors bien débordés par leurs pulsions que personne n'organise de peur de les faire souffrir; beaucoup plus qu'avant on a le sentiment que les parents se soignent au travers de leurs enfants et ne leur imposent plus les valeurs en cours dans la société où ils vivent.
jetez un coup d'oeil sur mon blog psy.
http://villy.canalblog.com/
A bientôt des échanges peut-être . mamvilly
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=93175&pid=3461476
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
