14 octobre 2007
Lacan parle de l’amour
Lacan, dans son séminaire en 1974, évoquait la perte de la dimension de l'amour à l'époque où nous vivons et il en décrivait quelques unes de ses conséquences catastrophiques pour le destin de chaque sujet.
Or il a toujours abordé cette question de l’amour dans les trois registres du symbolique, de l’imaginaire et du réel.
J’en ai retenu trois définitions qui vont pouvoir nous servir de points de repères quant aux effets qu’entraîne sa perte.
« L’amour est l’imaginaire spécifique de chacun, ce qui ne l’unit qu’à un certain nombre de personnes pas choisies du tout au hasard. »
Seconde définition abordée avec le réel « L’amour est ce qui supplée à l’absence de rapport sexuel ».
La troisième définition que je trouve la plus sensible se trouve à la fin du séminaire Encore, son approche en est symbolique :
« Tout amour se supporte d’un certain rapport entre deux savoirs inconscients »
Il est « en somme la reconnaissance à des signes toujours ponctués énigmatiquement de la façon dont l’être est affecté en tant que sujet du savoir inconscient »
L’amour enfin est mis à l’épreuve du réel : « Il n’y a rien d’autre que… la rencontre chez le partenaire des symptômes, des affects, de tout ce qui chez chacun marque la trace de son exil… du rapport sexuel".
Quelque chose donc cesse de ne pas s’écrire de cette rencontre entre un homme et une femme. Elle est mise sous le signe du petit bonheur la chance.
Pour que cette rencontre soit possible, il faut que chacun ait pu franchir l’épreuve du complexe de castration, c'est-à-dire qu’il ait pu s’inscrire dans la fonction phallique comme homme ou comme femme, et qu’il ait donc renoncé à être l’objet métonymique du désir de la mère, qu’il ait renoncé à être son phallus et donc de coïncider avec l’objet de son désir et ce de par l’action efficace de la métaphore paternelle.
Cette fonction du complexe de castration par rapport à l’enfant qui naîtra de cette rencontre lui est tout aussi nécessaire : sans ce repérage de l’Autre maternel comme Autre désirant, et donc comme castré, il ne peut que tenter en vain de se dégager de la toute puissance du désir de sa mère.
C’est bien en effet autour de cette question du désir de l’Autre, de sa nécessaire symbolisation, que Lacan va articuler ce qu’il en est de cette dégénérescence catastrophique de la fonction paternelle à l’époque où nous vivons.
A rester sous l'emprise de ce désir de l'Autre, L'enfant en sera réduit à trouver d'autres appuis, dans le champ social, pour réussir à réaliser ce désir de l'Autre, de se parer par exemple de titres universitaires, en tant que ces titres sont des instruments de puissance.
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