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Ce matin j’ai écouté un entretien de Djamel Debbouze à l’occasion de la sortie du film qu’il a réalisé sur la vie de deux enfants brésiliens qui, orphelins, tentent non seulement de survivre mais de rêver aussi. A ce propos,  le journaliste lui posait bien sûr des questions sur ce qu’avait été sa vie dans les banlieues  mais aussi ce qu’il en était de ses nouvelles fonctions de père et ce qu’il pourrait dire de sa vie à son enfant, ce qu’il pourrait lui transmettre. Il a fait cette réponse surprenante «  De tout façon, je pourrais toujours m’en tirer, en lui disant : écoute ce que dit ta mère ».

Dans un premier mouvement j’ai pensé qu’il avait fait cette réponse en référence à la mère méditerranéenne, celle qui fait la loi, l’appel à cette grand déesse mère honorée par tous ces peuples qui bordent la Méditerranée. Puis, dans un second mouvement, j’ai pensé que c’était peut-être,  pour lui, une certitude que la femme de sa vie saurait, elle, parler de cet amour qu’elle avait pour lui et transmettre donc à son enfant ce qu’il en était de cette parole du père, de son homme, en quoi il comptait pour elle.

C’était donc une phrase ambiguë qui à la fois pouvait évoquer la toute puissance maternelle, sans référence au père, ou au contraire, témoignait d’une façon élégante et délicate  de faire confiance à sa femme pour transmettre à son enfant l’essentiel de la métaphore paternelle, celle qui en respectant la parole du père, en témoignant de son amour pour lui,  a pour fonction de  libérer, cet enfant, de l’emprise de son désir, de faire de lui, dans le futur, un homme ou une femme tels qu’ils puissent répéter ces paroles d’amour ou d’autres, à leur tour.