02 novembre 2009
Et la mascarade phallique d'une femme qui serait... non névrosée ?
Dans le prolongement de ce que vous avez écrit, David, je voudrais rajouter ceci : Je sais bien que nous sommes tous névrosés, mais comme aussi bien Renée que Dora, sont restées un peu en rade sur les chemins de leur féminité, je me pose la question de savoir comment une femme, dans la mesure où elle a réussi à échapper au désir parental, participe à la mascarade phallique. Autrement dit est-il possible d'entrer dans la mascarade phallique autrement que sur un mode hystérique ou obsessionnel ?
La question, pour une femme, une "vraie", se résume-t-elle à la possibilité de le recevoir, ce signifiant phallique, après avoir renoncé à l'être et également à l'avoir ?
Ce qui me fait penser que ce doit être nécessaire mais pas suffisant c'est le fait de cette jouissance que Lacan a définie comme étant une jouissance au delà du phallus.
C'est encore à travailler mais il me semble qu'il doit y avoir une sorte d'effet en retour de ce désir d'être le phallus, mais cette fois-ci non plus par rapport au désir de la mère mais au désir d'un homme. La question est ouverte...
Commentaires
Vous avez dit phalus?
Est-on vraiment sûr en psychanalyse, que les filles aient toutes rêvé un jour d'avoir un phallus?
Jouir des mêmes droits que les garçons, de la même liberté, de la même indépendance, avoir parfois leur force physique, bien sûr! Mais cette histoire de phallus désiré, en tant que femme, j'ai toujours eu du mal à y croire. je me dis parfois, et si ça n'était que la projection...
enfin! Je ne suis pas du tout psy personnellement et je n'y connais pas grand-chose. je vois ça comme un mythe parfois. Si les garçons ne se vantaient pas avec leur phallus comme s'ils avaient vraiment quelque- chose en plus, les jalouseraient-on? J'ai beaucoup de souvenirs, mes tout premiers remontent quand j'avais un an à peu près, et je ne me souviens jamais avoir jalousé les phallus de mes frères ou père. ça paraissait rigolo pour pisser en l'air mais à part ça...
Bon, au lieu d'essayer de révolutionner la psychanalyse, je vous souhaite une bonne nuit.
je suis pénible mais ça me choque
"Vraie femme
Bon, c'est entre guillemets
ça existe les fausses femmes?
Des femmes qui nieraient leur féminité comme je l'ai fait durant de longues années?
Ce sont bien des femmes quand même à mon humble avis.
"Macarade"?
C'est bien trouvé comme expression, mascarade phallique
Pff! Bonne nuit. Je vais laisser tomber la psychanalyse pour le moment. Je risque de fausser mon écriture spontanée.
Chère Valérie,
devant l'intérêt que vous portez aux textes je tente de vous répondre.
L'extrème difficulté quant à la question du phallus dans la théorie analytique qui prend sa source dans l'expérience de la cure, c'est que le phallus ne peut pas se résumer au pénis. En ce sens, sous le phallus il peut y avoir une multitude de signification comme le bébé, l'argent, le caca ou encore le pénis... Sa signification est fuyante, comme le furet de la chanson nous indique Lacan, on ne peut pas l'attraper. C'est bien pour cette raison qu'il est très difficile d'en donner une définition.
Nous pouvons pourtant en dire quelque chose, comme par exemple que le phallus est ce qui est désiré au delà de l'objet désiré. C'est à dire qu'aucun objet ne peut venir combler le désir parce qu'il y a toujours quelque chose qui vient à manquer, c'est en ce sens qu'avec Freud et Lacan nous pouvons dire que le phallus vient lier la question du manque et du désir. Ou encore que le phallus est un signifiant, c'est à dire qu'il est accroché à une signification mais elle ne comble pas le désir... C'est pour cette raison que les êtres humains continuent toujours et toujours de manquer pour autant qu'ils désirent encore et encore.
Ce qui fait dire à Lacan que finalement le phallus personne ne l'a, pas plus l'homme que la femme, mais il ajoute que l'homme n'es pas sans l'avoir... Peut¯être est ce une manière de rappeler qu'une des représentation essentielle du phallus est bien celle du pénis.
Et d'un autre coté, la femme n'est pas sans lien avec le phallus (du coté de l'être) dans le sens ou elle peut venir représenter pour un homme l'objet de son désir.
C'est autour de cela que tourne cette question de mascarade féminine, question au combien difficile et jamais épuisée.
David Berton.
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