saorge_156L'histoire de Dora trouve son point d'acmé dans la scène au bord du lac.
Je pensais tout d'abord que cette scène avait eu lieu peu de temps avant que Dora vienne voir Freud, la seconde fois, alors qu'elle avait dix huit ans, mais en fait il semble bien (p. 16) que cet événement a eu lieu quand elle avait seize ans. Elle venait de rencontrer Freud pour la première fois et était parti passer quelques jours de vacances avec son père et les K.

Que s'est-il passé à ce moment là ? Alors que Dora acceptait très volontiers jusqu'à ce moment là, les hommages de Monsieur K., faisait avec lui de longues promenades, acceptait ses cadeaux, s'occupait avec lui de ses deux enfants, tout d'un coup alors que Monsieur K. se risque à lui déclarer sa flamme, elle lui administre une gifle magistrale et le quitte sur le champ en partant toute seule faire le tour du lac.
Que s'est-il exactement passé ? Il ne reste de cet événement que cette phrase fatidique prononcée par Monsieur K. " vous savez très bien que ma femme n'est rien pour moi ".
Laissons là pour l'instant en attente, avec sa part de mystère, mais soulignons quand même que cette même phrase a été également prononcée par le père de Dora. Il dit exactement la même chose à Freud : " vous savez très bien que ma femme n'est rien pour moi ".
C'est dans le texte de Freud, mais est-ce que cette double énonciation, celle de son père, et celle de Monsieur K. n'aurait pas fait tilt pour Dora ?
Au reste nous verrons que cette même phrase a été prononcée une troisième fois, à nouveau par Monsieur K. Je vous laisse deviner en quelle circonstance.
Nous devenons de vrais détectives …

C'est à partir de cette scène au bord du lac que tous les liens d'amitié, d'amour, de jalousie et de haine entre les différents personnages sont mis à rude épreuve.

Dora confie à sa mère pour qu'elle le répète à son père, la déclaration de Monsieur K.
Le père de Dora demandant alors des explications à Monsieur K. celui-ci prétend que c'est Dora qui a tout inventé.
Et c'est là qu'intervient la trahison de Madame K. Elle prend en effet la défense de son mari, en racontant qu'une jeune fille lisant des ouvrages érotiques, devait avoir eu l'imagination échauffée par ces lectures.

Donc sur le dos de Dora, les deux couples parentaux, se reconstituent. Monsieur et Madame K. le père et la mère de Dora.
C'est elle qui a tout inventé, cette scène au bord du lac n'a jamais eu lieu.
Et il n'y a donc aucune raison pour que le père de Dora mette un terme à ses liens d'amitié avec la famille K.
C'est par rapport à cette chronologie là, donc après la scène au bord du lac - si je ne me suis pas trompée - qu'il faut replacer, d'une part, sa lettre annonçant son désir de mettre fin à ses jours, et d'autre part " sa crise d'appendicite " chez la tante.
C'est à la suite d'une dispute avec son père, sur ce sujet, et la perte de conscience qui s'en suivit, que Le père de Dora l'emmena consulter Freud.

Au cours des premières séances avec Freud, Dora lui révéla, l'autre événement traumatique qui l'avait beaucoup marqué, alors qu'elle n'avait que quatorze ans. La scène où monsieur K. l'avait serré de près et l'avait embrassé sur la bouche. C'était un adulte, un ami du père. Dora, elle était une toute jeune fille, presque encore une enfant.

Donc avec la chronologie de l'apparition des symptômes, il faudrait prêter également attention à la chronologie des événements traumatiques qui leur ont donné naissance.