cronosmeJ’ai eu l’occasion de lire  un livre de Serge André. Il a un titre déplaisant, en forme d’onomatopée : « Flac ».

Je l’ai lu jusqu’au bout, mais non sans mal. On peut dire que, dans ce roman, Serge André se révèle être un écrivain poète raté mais qu’il s’avère être un fabuleux psychanalyste dans la deuxième partie de ce livre qui est tout à fait passionnante à lire. Elle a pour titre « L’écriture commence là où finit la psychanalyse ».

Je l’ai lu avec d’autant plus d’intérêt que dans le prochain livre que je propose en ce moment aux éditeurs, qui a pour titre « Une sœur de lait de la psychanalyse », j’ai exploré, sans rien savoir de ce qu’il en avait écrit, les mêmes champs que lui par rapport à la création littéraire. J’ai notamment pris appui, comme lui, sur l’œuvre de Rilke, « Lettres à un jeune poète » où Rilke décrit ce qu’est la mise au monde d’une œuvre.

A partir de cette œuvre j’ai choisi d’autres chemins que lui, mais c’est justement intéressant de voir où nos chemins ont divergé au point de la question de la féminité/maternité  telle qu’elle participe à la création littéraire.

Lui a choisi de se référer à ce que raconte Lou Andréa Salomé sur la fonction des muses dans la création poétique.

En ce qui me concerne j’avoue ne pas pouvoir lire sa prose. Malgré l’admiration sans borne que lui portait Freud, elle me tape sur le système pour la mièvrerie de son style. Mais ce qu’en tire Serge André est bien intéressant sur la question de la sublimation dont les femmes seraient de fait exclues, si  ce n’est en tant que muses justement.

Il y a aussi plein de remarques très justes sur les rapports de la parole et de l’écriture, sur les rapports de la psychanalyse à la poésie.  En bref, je trouve ce travail d’élaboration formidable.

Par contre son Flac, en tant que roman autobiographique est un vrai bide. C’est du mauvais Joyce. Mais quand même, il approche au plus près de l’horreur et de l’obscène et davantage par rapport au corps du père, que par rapport à celui de sa mère. C’est peut-être cette sorte de franchissement de l’interdit, cette transgression, qui fait qu’on a du mal à le lire. Il n’y a rien dans ce livre qui fasse rêver, et donc qui vous prépare en douce à cette irruption de réel qu’est  le rapport au corps de l’Autre, et à son désir, vécu comme quelque chose de sexuellement bestial.

Mais je vais essayer de travailler ce texte d’un peu plus près (la seconde partie), parce qu’il en vaut le coup.