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De fait pour aborder cette question de la névrose obsessionnelle telle que Lacan la renouvelle, il faut partir du milieu du chapitre du 14 mai 1956.

Il a d’abord analysé  trois rêves d’hystériques puis il passe alors à la question de la névrose obsessionnelle.

Il nous annonce : « la névrose obsessionnelle, c’est autrement plus compliqué que la névrose hystérique mais pas tellement plus. Si on arrive à pointer les choses sur l’essentiel, on peut l’articuler, mais si on ne le fait pas, ce qui est sûrement le cas de l’auteur dont je vous ai parlé tout à l’heure, Bouvet, on s’y perd littéralement, on nage entre le sadique et l’anal, l’objet partiel, l’incorporation, la distance à l’objet. On ne sait littéralement plus à quel saint se vouer. C’est excessivement divers cliniquement, comme le montre l’auteur dans ses observations – qu’il paraît à peine possible de les réunir sous une même rubrique clinique – sous les noms de Pierre et de Paul, sans compter les Monique et les Jeanne. …

Il est très frappant de voir que, depuis le temps que nous pratiquons la névrose obsessionnelle, nous sommes incapables de la dénombrer comme manifestement la clinique nous l’imposerait, vu la diversité des aspects qu’elle nous présente. On se souvient dans Platon du juste passage du couteau du bon cuisinier, celui qui sait couper dans les articulations. En l’état actuel des choses, personne, et particulièrement chez ceux qui se sont occupés de la névrose obsessionnelle, n’est capable de l’articuler convenablement. C’est bien l’indice de quelque carence théorique. "

C’est donc en prenant appui sur ces observations de Bouvet que Lacan va nous montrer, en bon cuisinier, comment découper, telle une volaille, les plus beaux morceaux de cette névrose et ce en se servant comme d’un plan de coupe, du Graphe du désir, graphe du désir que nous avons déjà travaillé à propos de la situation névrotique de Dora prise entre son père et Madame K. tandis que Monsieur K. lui servait de support identificatoire, grâce auquel elle posait sa question d’hystérique : comment une femme peut-elle être aimée ?

A noter que ce n’est pas la question que se posait Freud, puisque pour lui elle était « Que veut une femme ? »

La question de l'hystérique  serait donc plutôt celle de l’amour d’un homme pour une femme. Quelle va donc être la question de Renée ? Prendra-telle l’option de Freud ou de celle de l’hystérique ?

Ceci n’est qu’une petite introduction à ce travail que nous commençons.

Je vous propose de rester sur la fin de cette séance du 14 mai 1958.

Lacan indique en effet :

"Reprenons les choses où nous en sommes... "  Mais de fait il repart, pour ce faire,  des textes de Freud sur la névrose obsessionnelle qu’il parcourt d’un pas alerte.