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à propos de la névrose adulte et de la névrose infantile

Je me suis intéressée aux premières phrases de chacune de ces cinq psychanalyses donc à la façon dont Freud les présente.

Avec Dora, il nous annonce qu’il s’agira des liens du rêve et de l’Hystérie et c’est en effet par le biais des deux rêves de Dora qu’il aurait pu trouver le point d’origine de sa névrose si la jeune fille n’avait pas pris la poudre d’escampette.

L’observation  du Petit Hans a un point commun avec celle de l’Homme aux loups, c’est la question de la névrose infantile.

« La valeur particulière de cette observation réside cependant en ceci : le médecin qui traite psychanalytiquement un névrosé adulte arrive,  de par la découverte des formations psychiques accomplies par stratifications successives, à certaines hypothèses sur la sexualité infantile, dans les composantes de laquelle il croit avoir trouvé les pulsions dynamiques de tous les symptômes névrotiques de la vie ultérieure. J’ai exposé ces hypothèses dans mes trois essais sur la théorie de la sexualité. Je sais qu’elles semblent aussi surprenantes à un profane qu’irréfutables à un psychanalyste ».

Avec l’observation du Petit Hans Freud démontre donc l’irréfutabilité de sa découverte avec l’analyse d’un enfant. Or c’est justement elle que Jung contestera, si j’ai bien saisi ce que lui reproche Freud.

Freud met donc l’observation de Dora en relation de continuité avec L’interprétation des rêves, au titre même de confirmation clinique tandis que celle du petit Hans l’est avec Les trois essais sur la théorie de la sexualité.

Dans son observation de l’Homme aux rats, Freud met plutôt l’accent sur les circonstances actuelles de sa névrose, puisqu’il s’agit avant tout du déchiffrage de sa grande obsession des rats, mais cela ne veut pas dire pour autant que les racines infantiles de cette névrose obsessionnelle ne sont pas prises en compte. En témoignent tous les souvenirs-écrans de cette analyse.

Le texte de référence de cette observation est, d’après ce que nous en dit Freud, son étude « Les neuropsychoses de défense » ainsi que ses « Nouvelles remarques sur les neuropsychoses de défense ».

Je laisse de côté pour l’instant le cas Schreber, pour retrouver l’Homme aux loups. Là, à nouveau, il met en correspondance ce texte avec une étude dite théorique et il s’agit cette fois-ci encore du rôle que joue la névrose infantile dans la névrose adulte, mais cette question est avivée et rendue brûlante par les dissensions théoriques qui ont surgies entre Freud et Jung, Jung en qui Freud mettait tous ses espoirs de transmission de la psychanalyse.

C’est ainsi que dès la première phrase de ce texte de l’Homme aux loups, Freud nous renvoie en note à son texte «Contribution à l’histoire du mouvement analytique  ».

C’est ce texte de référence qui nous sera nécessaire pour lire cette observation de l’Homme aux loups. C’est littéralement en effet une justification de l’importance de la névrose infantile dans la structuration de la névrose de l’adulte et notamment ce qu’il appellera « la réalité des scènes primitives » qui dans cette observation seront mises en scène et démontrées par son rêve des loups perchés sur un arbre et le regardant fixement.

Par rapport à l’Homme aux loups, Freud cite également L’introduction à la psychanalyse, ouvrage dans lequel il aurait développé une partie de ce qu’il comptait dire par rapport à cette observation de l’Homme aux loups. Peut-être s’agit-il de ce qu’il nomme « fixation et régression » où ce qui est mis en avant c’est l’importance des pulsions partielles et donc à nouveau ce qu’il en est de la sexualité infantile, ce que Freud appelle « La perversion polymorphe infantile » où ce qui fonctionne comme « organe sexuel » c’est la bouche, l’anus, l’œil et l’oreille, les orifices du corps.

Un autre chapitre de cette introduction doit également être important c’est celui qui se nomme « Résistance et refoulement ». Il énumère en effet les différentes formes de résistances dont celle qui est liée au transfert. On peut se demander si ce n’est pas une critique après-coup de son propre travail d’analyste, une critique du fait que pour vaincre sa résistance, il avait posé un ultimatum à son analysant en lui imposant un terme à cette analyse. Ainsi s’était-il renié par rapport à ce qu’il avait décrit de l’atemporalité de l’inconscient, le fait que l’inconscient ne connaisse pas le temps et que l’analyste devait en tenir compte et se comporter de même. Il se devait d’être patient. Or avec l’Homme aux loups, Freud a manqué de cette patience .

C’est une toute première approche de ce texte de l’Homme aux loups puisque je me suis arrêtée à la note de la première ligne, celle qui fait référence à ses deux ouvrages, « Contribution à l’histoire du mouvement analytique » et « Introduction à la psychanalyse ».