Zeus_tenant_le_foudre_et_un_aigleUne vraie perle trouvée dans le livre de Freud, « Moïse et le monothéisme », sous la forme d’une note qui se trouve p.118. Cette note pourrait constituer à elle seule un vrai mythe de la naissance de la fonction paternelle et même plus exactement celle de la métaphore paternelle selon laquelle, selon la définition que nous en donne Lacan, le signifiant du Nom-du-père vient se substituer au signifiant du désir de la mère et livrer ainsi comme effet de cette métaphore ce qu’il en est de la signification phallique. Dans cette note Freud nous indique que Yahvé était incontestablement un dieu des volcans et il rajoute bien sûr qu’il n’avait pas été le premier à s’étonner de la similitude phonétique du nom de Yahvé avec la « racine de l’autre nom divin, Jovis, Jupiter. Or celui-ci est appelé "l'ébranleur de terre"

Freud avance ici un peu sur la pointe des pieds mais nous ouvre soudain des horizons mythiques littéralement grandioses, tout au moins quant à ce qu’il en est de l’instauration de la fonction paternelle en tant qu’elle libère le sujet de la toute puissance maternelle.

« Il me semble qu’en des siècles obscurs, plus ou moins soustraits à la recherche historique, les pays du bassin oriental de la Méditerranée furent le théâtre de fréquentes et violentes éruptions volcaniques qui produisirent le plus puissant effet sur la population ». Se référant à des spécialistes il pense que la cité du roi Minos fut sans doute détruite par un tremblement de terre. Or c’était l’époque où régnait encore la grande déesse mère. Le fait qu’elle se soit cependant « trouvée incapable de défendre sa demeure contre les attaques supérieures peut avoir contribué à son éviction par une divinité masculine ». Le père est « l’ébranleur de terre », l’ébranleur de la terre-mère, à plus d’un titre. Certes il la secoue, il la secourt, il lui donne accès à ce que Lacan nomme cette autre jouissance, mais pas seulement, il l’ébranle aussi dans sa toute-puissance.