fresques_dignes_pompei_musee_archeologiqueIntroduction à la psychanalyse, cet ouvrage de Freud, à été publié en 1916. C’est assez dire, étant donné la date de sa publication, que ce n’est pas à proprement parler un ouvrage d’initiation à la psychanalyse. Il a été précédé de très nombreux ouvrages et il serait donc plutôt une sorte de somme de tous les acquis de la psychanalyse en ces années 1916. Il est donc une véritable synthèse de toutes les notions acquises au fil des années depuis ses Etudes sur l’hystérie en 1895 et depuis L’interprétation des rêves publiée en 1900. L’ouvrage est en effet divisé en trois parties qui recouvrent tout le champ d’exploration de la psychanalyse : « Les actes manqués », « Le rêve » et enfin « Théorie générale des névroses ».  Inclus dans cette dernière partie, il réserve un chapitre à l’étude des symptômes, au transfert et  un autre à la thérapeutique analytique.

L’ensemble de ce texte est construit selon une très rigoureuse logique, il est écrit de main de maître, un maître en psychanalyse. On peut lui conférer ce titre car il en est l’inventeur.

 

Il y a peu d’auteurs qui dès les premières pages du livre qu’ils ont écrit découragent le lecteur de le lire. C’est  pourtant ce qu’énonce Freud dans son Introduction à la psychanalyse. Il  propose en effet à son éventuel lecteur de renoncer avant même d’avoir tenté l’expérience : «  Je vous montrerai que toute votre culture antérieure et toutes les habitudes de votre pensée ont dû faire de vous inévitablement des adversaires de la psychanalyse, et je vous dirai ce que vous devez vaincre en vous-mêmes pour surmonter cette hostilité instinctive. Je ne puis naturellement pas vous prédire ce que mes leçons vous feront gagner du point de vue de la psychanalyse, mais je puis certainement vous promettre que le fait d’avoir assisté à ces leçons ne suffira pas à vous rendre capables d’entreprendre une recherche ou de conduire un traitement psychanalytique »

 

Le lecteur est averti, c’est en tant qu’adversaire de la psychanalyse qu’il s’engagera dans cette lecture. Comment passer outre malgré ce rude avertissement ?

Il suffit d’être curieux et notamment curieux des mots et de la langue. Dans la page qui suit, page 7, Freud se lance dans une célébration de ces  mots : « Les mots faisaient primitivement partie de la magie, et de nos jours encore, le mot garde beaucoup de sa puissance de jadis. Avec des mots un homme peut rendre son semblable heureux ou le pousser au désespoir, et c’est à l’aide de mots que le maître transmet son savoir à ses élèves, qu’un orateur entraîne ses auditeurs et détermine leurs jugements et leurs décisions. » C’est avec ces mots que Freud, malgré ce sombre et pessimiste  avertissement, nous entraîne à le lire.