38636332

 Les deux premières pages de ce dernier chapitre « Résumés et problèmes » traitent des difficultés d’exposition d’un cas (p.254, 255 du Gardiner). Ces difficultés sont spécifiques à l’analyse de l’Homme aux loups  mais pas seulement.

Cette remarque notamment est intéressante pour sa portée éthique : «  Dans la psychanalyse le devoir d’explication est d’une façon générale étroitement limité. Il faut expliquer les formations de symptômes frappantes par le dévoilement de leur genèse ; quant aux mécanismes psychiques et processus pulsionnels, auxquels ont est ainsi conduit, il ne faut pas les expliquer mais les décrire. Pour obtenir à partir des constations sur ces deux derniers points des notions générales nouvelles, de nombreux cas semblables, bien et parfaitement analysés, sont nécessaires. Le progrès dans ce domaine ne peut s’accomplir que très lentement. La tentation est évidemment grande de se contenter d’« égratigner » la surface psychique d’un certain nombre de sujets, et de remplacer ce qu’on a négligé par de la spéculation, qu’on placera sous le patronage d’une quelconque orientation philosophique. On peut aussi évoquer des besoins pratiques à l’appui de ce procédé, mais les besoins de la science ne se laissent satisfaire par aucun succédané».

Je trouve que ce passage mérite d’être isolé pour être médité à loisir y compris cette dernière phrase sur les besoins de la science soit, sur les besoins de la psychanalyse, qui ne peuvent être satisfaits que par un objet adéquat. Cela aboutit quand même à une sorte de personnification de la science et de la psychanalyse, mais en posant le fait qu’elles aient des besoins à satisfaire, cela soulève de plus la question de savoir quel serait cet objet de satisfaction. On pense à cette autre affirmation de Freud concernant le fait que pour qu’un objet puisse être recherché il faut qu’il ait été primitivement perdu. Cet objet à retrouver est justement un succédané de ce premier objet.  Confusément, intuitivement, Freud doit tourner autour de cet objet inventé par Lacan : l’objet petit a.