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Dans ce chapitre X d'inhibition, symptôme, angoisse, Freud essaie de rendre compte des facteurs qui peuvent intervenir pour déterminer le « choix de la névrose ». Il le centre sur la question de l'angoisse : «  Les dangers sont communs à tous les hommes, ils sont les mêmes pour tous les individus ; ce dont nous avons besoin, et dont nous ne disposons pas, c'est d'un facteur qui nous fasse comprendre pourquoi tels individus sont capables de soumettre l'affect d'angoisse, en dépit de sa qualité particulière, au fonctionnement psychique normal, ou bien détermine qui échouera nécessairement à cette tâche. » Donc quel est le facteur qui fait qu'on s'inscrit dans la normalité ou dans la névrose ? Tel est la question que Freud se pose.

Il élimine d'un revers de main la thèse d'Adler et en argumentant un peu plus la thèse de Rank, l'un sur l'infériorité d'organe, l'autre sur le traumatisme de la naissance. Puis donne sa propre version des faits :

Ces trois facteurs sont d'ordre biologique, phylogénétique et psychologique.

La prématuration de la naissance. Freud indique que nous sommes littéralement « jetés au monde ». Mais il lie à cette fragilité le besoin d'être aimé qui ne nous quittera plus : « L'influence du monde extérieur réel s'en trouve renforcée ; la différentiation du moi avec le ça est acquise précocement, les dangers du monde extérieur prennent une importance plus grande, et la valeur de l'objet qui seul peut protéger contre ces dangers et remplacer la vie intra-utérine perdue en est énormément augmentée. Ainsi donc le facteur biologique est à l'origine des premières situations de danger et crée le besoin d'être aimé qui n'abandonnera plus l'être humain ».

Le second facteur est selon Freud phylogénétique. C'est l'évolution en deux temps de la sexualité humaine avec entre les deux la phase de latence.

Le troisième enfin est d'ordre psychologique. Il «  se trouve dans une imperfection de notre appareil psychique qui correspond exactement à la différentiation en son sein d'un moi et d'un ça et qui, par conséquent, se rattache aussi en dernière analyse, à l'influence du monde extérieur. En considération des dangers de la réalité, le moi est contraint de se mettre en position de défense contre certaines motions pulsionnelles du ça, et à les traiter comme des dangers. »

Mais comme le moi ne peut pas traiter les dangers internes comme des dangers externes à savoir prendre la fuite, il en est réduit à fabriquer des symptômes.