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L'observation du Petit Hans date de 1909, donc pratiquement neuf ans après le cas de Dora. Le premier chapitre est sans doute la première description clinique de ce qu'est le complexe de castration masculin, de façon latérale, nous avons aussi une approche de ce qu'est également le complexe de castration féminin, par ce qui nous est rapporté du dialogue du Petit Hans avec sa mère notamment le fait qu'elle affirme avoir elle aussi un « fait-pipi ».

C'est en effet de là que part cette observation du Petit-Hans : «  Il posa ainsi un jour à sa mère cette question :

Hans – Maman, as-tu toi aussi un fait-pipi ?

Maman – Bien entendu, pourquoi ?

Hans – J'ai seulement pensé …

 

Une deuxième fois, Hans lui repose la question et il obtient à nouveau la même réponse :

Hans à trois ans et neuf mois – Papa as-tu aussi un fait-pipi ?

Le père – mais oui, naturellement.

Hans – Mais je ne l'ai jamais vu quand tu te déshabilles.

Une autre fois il regarde, toute son attention tendue, sa mère qui se déshabille avant de se coucher. Celle-ci demande que regardes-tu donc ainsi ?

Hans- je regarde seulement si as aussi un fait-pipi.

Maman – Naturellement. Ne le savais-tu donc pas ?

Hans – Non, Je pensais que, puisque tu étais si grande, tu devais avoir un fait-pipi comme un cheval. »

Dans cet échange, on s'aperçoit que même si la mère ne reconnaît pas formellement son manque phallique, par ce «  Naturellement » qui reprend le naturellement du père, le Petit Hans l'assume, lui, puisqu'il reconnaît qu'il le pensait à tort. Il sait maintenant qu'elle n'a pas de fait-pipi, malgré ce qu'elle lui en a dit. C'est sa mère qui lui brouille en quelque sorte les pistes, dans sa recherche de la vérité : Qui détient le phallus ?

 Freud suit la trace des transferts et des équivalences entre le pis de la vache et le pénis : « regarde, du fait-pipi il sort du lait ». « J'ai déjà exposé, indique Freud, qu'il ne convenait pas d'être horrifié outre mesure quand on rencontrait chez un être de sexe féminin la représentation de la succion du sexe viril […] La découverte du Petit Hans confirme la dernière partie de ma manière de voir.

 Il indique aussi la masturbation et l'interdiction de sa mère «  Si tu fais ça, je ferais venir le docteur A qui te coupera ton fait-pipi ». Avec quoi feras-tu alors pipi ? Hans – avec mon tutu.

C'est avec ces phrases interrogatives que, selon Freud, « il acquiert son complexe de castration ».

Il décrit ensuite sa curiosité sexuelle qui passe par son intérêt pour les animaux. « Elle fait de lui un investigateur, elle le rend apte à de véritables connaissances abstraites ».

 Dans la deuxième partie de cette introduction, Freud souligne l'importance qu'a eu pour Hans la naissance de sa petite sœur. Là aussi on lui brouille toutes ses pistes quant à la réponse qu'il recherche «  D'où viennent les enfants ». Mais là aussi il connaît pourtant la vérité : «  Mais le grand événement de la vie de Hans est la naissance de sa petite sœur Anna, alors qu'il a très exactement trois ans et demi […] Son comportement à cette occasion fut noté sur le champ par son père : «  ce matin de bonne heure, à 5 heures, quand commence les douleurs, le lit de Hans est transporté dans la chambre voisine. Il s'y réveille à 7 heures et demi et entend les gémissements de la parturiente ; alors il demande : « pourquoi maman tousse-t-elle ? » Puis, après un moment : « Bien sûr que le cigogne viendra aujourd'hui. »

A noter qu'à trois ans et demi, le Petit Hans couche toujours dans la chambre de ses parents.

 C'est en définitive avec sa petite sœur qu'il va pouvoir constater ce qu'il en est de l'absence de pénis chez un être humain. Pendant quelques temps, il garde quand même l’espoir que même si elle a un tout petit « Fait-pipi » il grandira. Puis il accepte enfin cette réalité «  Hans (quatre ans et demi) assiste de nouveau au bain de sa petite sœur et commence à rire. On lui demande : « pourquoi ris-tu ? » Hans- je ris du fait-pipi d'Anna – pourquoi ? Parce que son fait-pipi est si beau »

La réponse n'est évidemment pas sincère. Le fait-pipi lui semble comique. C'est de plus la première fois qu'il reconnaît aussi expressément la différence entre les organes génitaux masculins ou féminins, au lieu de la nier ».

Nous trouvons ici avec ce rire du Petit Hans, la source du mépris que quelques hommes peuvent éprouver à l'égard des femmes.

 Freud dans ce chapitre fait pour ainsi dire coup double, il décrit à la fois le complexe de castration du petit Hans et celui de sa mère.