Le livre bleu de la psychanalyse

Ce blog sera avant tout une invitation à la découverte de la psychanalyse. En contrepoint de ce livre noir, je propose ce livre bleu de la psychanalyse, bleu comme le ciel à travers les branches des oliviers de Provence ou bleu comme tes yeux, mais auss

10 avril 2008

Petite note clinique trouvée dans les textes de Freud à propos de la crainte de se jeter par la fenêtre

Murillo_20__201670_20__20Les_20Femmes_20a_20la_20fenetreDans l’un de ses premiers textes contemporain des Etudes sur l’hystérie, qui a pour titre « Obsessions et phobies », Freud avait décrit quelques obsessions typiques selon lui. Plusieurs femmes se plaignaient de l’obsession de se jeter par la fenêtre, de blesser leurs enfants avec des couteaux ou des ciseaux. Une fois interprétées, ces obsessions se révélaient être liées au fait que ces femmes n’étaient pas du tout satisfaites dans leur mariage et qu’elles « se débattaient contre les désirs et les idées voluptueuses qui les hantaient à la vue d’autres hommes ».

Freud interprète donc ces deux séries d’obsessions celle de blesser ses enfants et de se jeter par la fenêtre dans ce même registre de tentations sexuelles mais sans en dire plus sur ce désir par rapport aux enfants, à moins qu’il n’ose formuler que c’est lié à un désir de se débarrasser d’eux. Mais on peut par contre rapprocher cette compulsion à se jeter par la fenêtre d’un autre symptôme qui apparemment relève de la même origine, la phobie de se jeter par la fenêtre.  Il la décrit dans l’une de ses lettres adressées à Fliess, la lettre 53 (p. 160 de la naissance de la psychanalyse).

Il écrit à Fliess  « Peut-être ne t’ai-je pas encore parlé de l’analyse de quelques phobies. « La peur de se jeter par la fenêtre » est une erreur du conscient et respectivement du préconscient et se rattache à un contenu inconscient où la fenêtre joue un rôle ».

Voici quel sens lui donne : L’idée inconsciente est celle d’aller à la fenêtre et faire signe à un homme de monter, comme le ferait une prostituée.

Il y a rejet et angoisse à cause de ce déclenchement d’un désir sexuel. On peut se poser la question si ce désir ne prendrait pas de nos jours une forme plus rude, voire plus directe.

Encore que la peur de tomber par la fenêtre reste un symptôme encore actuel et les fantasmes de prostitutions très nombreux et présents dans toute analyse de femme. On peut les retrouver notamment dans L’interprétation des rêves de femmes tels que Freud nous les rapporte notamment incontestablement le plus délicat, le plus effarouché, celui dit « des services d’amour » (1)

Peut-être est-ce lié au fait que tomber par la fenêtre peut également avoir un autre sens, celui d’être mis au monde, de naître(2). Et comme ce sens peut également être inversé, passer de l’actif au passif, il peut aussi avoir le sens de mettre au monde un enfant.

Alors on peut se poser la question du double sens de ce « tomber par la fenêtre » et se demander également en quoi ces fantasmes de prostitution pourraient être mis en lien avec le désir d’obtenir un enfant du père. Je proposerai cette hypothèse, cet enfant serait alors tout à fait l’équivalent d’un objet phallique, qu’un homme, de façon anonyme, (au lieu du père) pourrait lui attribuer. Mais cet énfant-phallus ainsi obtenu fantasmatiquement et quelquefois réellement ne l’inscrirait pas ainsi dans un destin féminin, mais renforcerait au contraire ses identifications viriles : Elle serait ainsi en possession non pas tellement d’un enfant, mais d’un phallus et ce dans une relation maintenue au désir de sa mère.

1-    S. Freud, « Rêves et télépathie », Résultats, idées, problèmes, vol II. PUF.

2-    S. Freud, L’interprétation des rêves, p131. PUF.

Posté par Fainsilber à 15:59 - psychanalyse - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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