imagesComment Freud aborde la question du rêve dans son introduction à la psychanalyse, p. 69.

Il intitule cette partie «  Difficultés et premières approches ». Il est dans une démarche dialectique celle d’avoir à démontrer à un lecteur non seulement profane mais de plus hostile, ce qu’il en est des pouvoirs du rêve, en quoi il mérite d’être pris au sérieux.

Il expose donc d’emblée les difficultés que l’on ne peut que rencontrer : « Il s’agit… d’un objet dont le caractère est d’être en opposition avec toutes les exigences de la science exacte, d’un objet sur lequel l’investigateur ne possède aucune certitude. Une idée fixe par exemple, se présente avec des contours nets et bien délimités. « Je suis l’empereur de Chine » proclame à haute voix le malade. Mais le rêve ? Le plus souvent, il ne se laisse même pas raconter. »

 

A cela que Freud va-t-il répondre ? Premièrement, on lui a déjà avancé le même argument à propos des actes manqués et il a pourtant réussi à démontrer qu’ils avaient bel et bien un sens.

 

Deuxièmement « Nous nous sommes dit que les grandes choses peuvent se manifester par de petits signes » 

Troisièmement : « Quant à l’indétermination des rêves, elle constitue précisément un caractère comme un autre ». Nous le prenons donc en tant que tel, d’ailleurs, autre argument : « ce caractère d’indétermination peut également être attribué à des représentations obsédantes dont s’occupent cependant des psychiatres respectables et éminents. »

 

Et voici donc un exemple de cette indétermination : « Je me rappelle le dernier cas qui s’est présenté dans ma pratique médicale. La malade commença à me déclarer : « j’éprouve un sentiment comme si j’avais fait ou voulu faire du tort à un être vivant… A un enfant ? Mais non, plutôt à un chien. J’ai l’impression de l’avoir jeté d’un pont ou de lui avoir fait mal autrement ».

Si des psychiatres « respectables et éminents » se laissent aller à s’intéresser à ces obsessions, pourquoi ne se laisseraient-ils pas aller à prendre en considération les rêves qui se caractérisent eux aussi par la même indétermination ?

 

Il émet alors cette hypothèse que si les scientifiques témoignent d’un certain mépris à propos des rêves, c’est sans doute parce que dans les temps anciens on leur accordait au contraire trop d’importance.

Et pour en apporter la preuve, le premier rêve que Freud nous rapporte est celui d’Alexandre le grand, celui où « il vit une nuit un satyre se livrant à une danse triomphale ».

Quel est le sens de ce rêve ? Alexandre le grand faisait à ce moment là le siège de la ville de Tyr depuis de nombreux jours et s’apprêtait à lever le camp.  Ses devins lui promirent la victoire. La ville de Tyr serait Sa –Tyr. Ils connaissaient donc les pouvoirs de la lettre et l’art d’interpréter les rêves. Enfin, disons le,  pas toujours selon les exigences freudiennes.

Freud énonce le sésame de sa recherche « Interpréter, c’est trouver un sens caché »