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J'ai commencé à lire ou plutôt à relire le Petit Hans. Après le lecture d'Inhibition, symptôme et angoisse, c'est un jeu d'enfant. Freud a divisé son texte en quatre parties

 I L'introduction où il est beaucoup question du grand intérêt que Hans porte à son fait-pipi et celui des autres, y compris à celui de sa mère et de sa petite sœur, Freud y nomme ce qu'il appelle « complexe de castration ».

II Histoire de la maladie et analyse. C'est la partie la plus longue, la plus copieuse. Une étude de la phobie.

 III Commentaire. Freud écrit « J'examinerai à trois points de vue cette observation du développement et de la résolution de cette phobie chez un petit garçon de moins de cinq ans. Premièrement, je considérerai jusqu'à quel point elle vient à l'appui des assertions que j'ai avancées dans mes trois essais sur la théorie de la sexualité […] Deuxièmement je rechercherai ce qu'elle peut apporter à la compréhension de cet état pathologique d'une si grande fréquence ; troisièmement je rechercherai ce qu'elle peut offrir qui permette d’élucider la vie psychique de l'enfant et d'édifier une critique des objectifs que nous poursuivons en matière d'éducation ». Trois visées donc, vérifier, corroborer ce qu'il a découvert de l'existence de la sexualité infantile, une étude clinique de la phobie et enfin « critique » des objectifs concernant l'éducation des enfants

 

IV Épilogue. Dans cet épilogue, Freud nous raconte qu'il a rencontré le Petit Hans devenu adulte en 1922, et que celui-ci lui a déclaré avoir presque tout oublié de cette période là. Tout avait sombré dans l'amnésie infantile.

 La première page de son texte soulève déjà une première série de questions. Freud indique que ce n'est pas lui-même qui a écouté ce que racontait le Petit Hans à propos de sa phobie : « Le traitement avait été appliqué par le père de l'enfant à qui je dois une grande reconnaissance pour avoir mis à ma disposition ses notes en vue d'une publication. Le mérite du père va plus loin : aucune autre personne, je pense, ne serait parvenue à obtenir de tels aveux […] seule la réunion de l'autorité paternelle et de l'autorité médicale en une seule personne, et la rencontre en celle-ci d'un intérêt dicté par la tendresse et d'un intérêt d'ordre scientifique, permirent en ce cas de faire de la méthode une application à laquelle sans cela elle n'aurait pas été apte. »

 Ce paragraphe me fait aussi penser au fait que Freud avait également lui-même analysé sa fille Anna. Je ne sais pas trop dire en quoi, mais il me semble que ce mélange des rôles entre le père et l'analyste a quelque chose de proprement incestueux et même de l'ordre d'une séduction. Freud ne semble pas trop à l'aise lui même dans cette description. Il y parle d'aveux de la part de l'enfant, un aveu est toujours plus ou moins extorqué, et ensuite de mélange de l'intérêt dicté par la tendresse et l'intérêt scientifique de la part du père. Comme si au fond à la curiosité sexuelle du Petit Hans répondait en écho la curiosité sexuelle du père mais qu'il l'exerçait à l'égard de son fils. En bref je trouve que la situation a quelque chose de pas catholique, d'un point de vue analytique, sans compter le rôle qu'y joue Freud en arrière-plan. Cela étant, on peut dire qu'il a quand même était guéri de sa phobie, mais n'en a-t-il pas été lui-même le premier acteur ? Il est vrai aussi que Freud ne l'a rencontré une seule fois mais que son rôle a sans doute été décisif en tant qu'il lui a énoncé, sous forme d'un mythe, la grande loi de l'Oedipe qui condamne tout enfant à vouloir coucher avec sa mère et à envoyer son père au diable.