Mosaique romaine deux chevauxMoyenne

Nous en sommes au deuxième chapitre Histoire de la maladie et analyse. (p.105)

 Tout commence donc par la lettre du père adressée à Freud où il décrit la phobie de Hans et son interprétation des faits. D'emblée Freud nous indique qu'avant d'interpréter, mieux vaut mettre ensemble et par ordre chronologique les faits dont on dispose et surtout sans chercher à leur donner un sens :

1 – premier fait : un rêve d'angoisse du Petit Hans qui date des premiers jours de janvier 1908 : « Hans à quatre ans et neuf mois se lève un matin en larmes et répond à sa mère qui lui demande pourquoi il pleure : « Pendant que je dormais, j'ai cru que tu étais partie et que je n'avais plus de maman pour faire câlin avec moi »

 2 – L'été à Mugden, il avait fait cette remarque «  Si je n'avais plus de maman » ou bien « si tu t'en allais » Le père note que chaque fois que Hans « manifestait cette humeur élégiaque, sa mère le prenait dans son lit. ».

Dans l'après-coup de cette analyse, on peut constater à quel point cette crainte de Hans était justifiée. Elle rêvait en effet de s'en aller.

 3 – Une tentative de séduction : « Le 5 janvier environ, il vint de bonne heure dans le lit de sa mère ( à noter que ce n'est pas pour le père dans le lit conjugal mais dans le lit de sa mère ) et dit alors « Sais-tu ce que la tante M... a dit : « comme il a un gentil petit machin ! »

 4 – Le 7 janvier c'est là que commence sa phobie «  il va comme d'habitude avec la bonne dans le Stadtpark, commence à pleurer dans la rue et demande à être reconduit à la maison : il veut faire câlin avec sa maman ».

 5 – Le 8 janvier seconde expérience, cette fois-ci avec sa maman : « Il recommence à pleurer, ne veut pas partir. Il a peur. A la fin, il y va quand même, mais a visiblement peur dans la rue. En revenant de Schönbrunn il dit à sa mère après une grande lutte intérieure : j'avais peur qu'un cheval ne me morde. » Il dit en pleurant que le lendemain il faudra encore qu'il aille se promener. Mais il rajoute aussi «  Le cheval va venir dans la chambre »

 6 – Intervention intrusive de la mère ce même jour «  Peut-être touches-tu avec ta main à ton fait-pipi ? » Il répond « oui, tous les soirs quand je suis dans mon lit »

 7 – Le jour suivant le 9 janvier, nouvel interogatoire parental : on lui enjoint de ne pas toucher à son fait-pipi pendant la sieste et au réveil on lui demande ce qu'il en a été.

 

Quelles sont les déductions de Freud par rapport à ce premier matériel ? (p. 107) Il constate tout d'abord qu'il est plus que suffisant pour s'y repérer et indique surtout qu'«  aucun moment de la maladie n'est aussi favorable à sa compréhension que le stade initial tel que nous l'observons ici, stade malheureusement le plus souvent négligé ou passé sous silence. Le trouble nerveux débute par des pensées à la fois sentimentales et angoissées, puis par un rêve d'angoisse dont le contenu est le suivant : Hans perd sa mère, ce qui fait qu'il ne peut plus faire câlin avec elle. Ceci est le phénomène fondamental qui est à la base de son état. »